06.02.2011

Aujourd'hui me suffit

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Or seul un esprit mûr, sans peur, sans illusions, sans cette obsession stupide de réussite personnelle et de continuité, seul cet esprit-là peut observer et découvrir ce qu'est la mort, car il sait vivre dans le présent.

Je vous en prie, suivez bien ceci. Vivre dans le présent, c'est échapper au désespoir, car on ne nourrit alors aucune nostalgie par rapport au passé, et aucun espoir par rapport à l'avenir. Par conséquent, l'esprit dit : "Aujourd'hui me suffit".

Krishnamurti (De la vie et de la mort)

25.12.2010

Le chemin ensoleillé

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J'ai vu les pionniers de flamme du Tout-Puissant
Sur le versant céleste qui touche la vie
Descendre en foule les marches d'ambre de la naissance ;
Avant-coureurs d'une multitude divine
Ils venaient par les sentiers de l'étoile du matin,
Ils entraient dans le petit espace de la vie mortelle.
Je les ai vus traverser le crépuscule d'un âge,
Les fils aux yeux de soleil d'une aurore merveilleuse,
Les grands créateurs au large front de calme, puissants briseurs des barrières du monde
Et lutteurs contre le destin dans le champ clos de ses décrets,
Travailleurs dans les mines des dieux,
Messagers de l'incommunicable,
Architectes de l'immortalité.

Ils entraient dans la sphère déchue des hommes
Leurs faces portaient encore la gloire de l'immortel
Leurs voix communiaient encore avec la pensée de Dieu,
Leurs corps irradiaient la beauté de la lumière de l'Esprit,
Porteurs du mot magique, du feu mystique,
Porteurs de la coupe dionysiaque de la joie,
Leurs yeux brillaient d'un homme plus divin,
Leurs lèvres chantaient l'hymne inconnu de l'allégresse de l'âme,
Leurs pas résonnaient dans les corridors du Temps.

Grands prêtres de la sagesse et de la douceur et la puissance et la félicité,
Découvreurs des chemins ensoleillés de la beauté,
Nageurs des torrents rieurs de l'Amour brûlant,
Corybantes dans le temple d'or de l'extase,
Un jour, leurs pas changeront la souffrance de la terre
Et justifieront la lumière sur la face de la Nature.

Bien que le Destin s'attarde encore dans le haut Au-Delà
Et que semble vain le travail auquel se sont usées les forces de notre coeur,
Le fruit total de la douleur que nous avons portée viendra.

Ainsi que l'homme est venu jadis après la bête
Ce haut successeur divin assurément viendra
Après les pas incapables de homme mortel
Après son vain labeur, sa sueur, son sang, ses larmes ;
Il connaîtra ce que l'homme n'ose pas encore penser
Il réalisera ce que le coeurs mortels ne pouvaient pas oser.

Héritier du labeur des temps humains
Il prendra sur lui le fardeau des dieux ;
Toutes les lumières du ciel visiteront la terre
La puissance des cieux fortifiera les coeurs terrestres ;
Les hauts faits de la terre toucheront des hauteurs surhumaines,
Les yeux de la terre s'élargiront à l'infini.

Sri Aurobindo - Savitri - Livre III - Chant IV (traduit de l'anglais par Satprem)

05.12.2010

Ne pleure pas aussi en toi-même

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Lorsque tu vois quelqu'un se lamenter sur son fils parti en exil, ou parce qu'il a perdu ses biens, ne te laisse pas aller à croire que ces évènements font son malheur : ce qui cause du chagrin à cet homme, ce n'est pas ce qui lui arrive (sinon cela ferait le même effet à tel ou tel), mais l'opinion qu'il se fait de cet évènement. Cependant, ne refuse pas de t'associer raisonnablement à sa peine, et même, au besoin, pleure avec lui ; prends seulement garde de ne pas pleurer aussi en toi-même.

Epictète (Manuel)

Etre sans futur

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Quand vous vous libérez de l'idée d'être quoi que ce soit, quand vous vous donnez dans la journée à des moments où vous n'êtes absolument rien, sans futur, sans devenir, vous voyez la nature profonde de la dévotion, de l'adoration, qui est l'essence du corps et du psychisme, devenir vivante.

Vous exprimez constamment l'étonnement, vous exprimez l'amour sous toutes ses formes, parce que toutes les formes célèbrent le sans forme. L'amour de tous les sons, de toutes les musiques, célèbre le silence.

C'est uniquement dans cette profonde compréhension, quand vous n'avez aucun devenir, que cette expression devient possible. La nature profonde du corps et du psychisme, c'est la célébration. Vous offrez ce que vous n'êtes pas au silence. Ce silence rejaillit sous forme de grâce dans toute votre structure.

Quand on est profondément rien, on peut exprimer ce que l'on est profondément.

Eric Baret

28.11.2010

Etre Conscience

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Notre Conscience d'Etre a-t-elle besoin qu'on lui colle un nom et qu'on raconte toute une histoire à son sujet ?

23.05.2010

La vie n'a pas besoin d'être pensée

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-Cette joie, c’est joie, et silence, et vie, toujours ? Ce sont ses qualités de base ? Elle est joie sans contraire… même si une tristesse la traverse ?

-Oui, parce même dans les moment les plus difficiles à vivre, une grippe, un inconfort, un deuil, te sentir aussi profondément bien tout en percevant l’inconfort, les vagues de chagrin ou autre, ça te fait rire intérieurement : c’est incroyable de vivre ça, de sentir que ça ne t’atteint pas plus que ça !...
C’est une légèreté, vraiment. C’est une intensité, une simplicité qui te permet d’avoir cette neutralité. C’est ça la joie. Tu te sens… et c’est neutre. C’est intense, mais c’est neutre. Tu ne peux ni te dire heureuse ni te dire malheureuse. Tu es morte psychologiquement et, en même temps, tu sens ce que tu n’as jamais senti de toute ta vie. Il y a le senti du cœur qui bat, du sang dans les veines, d’une pulsation dans les doigts de pieds… Les perceptions organiques sont affinées des millions de fois et elles sont présentes en permanence, en même temps que les variations énergétiques… Alors tu te sens… vivante. Vivante comme jamais.
Ce qui m’étonne, c’est comment le corps peut se développer seul, s’ouvrir à ces sensations de plus en plus fines, de plus en plus fortes. Avec le temps, une subtilité grandissante se fait jour en lui. C’est extraordinaire, cette capacité de découvrir tout ça. C’est la plus belle chose qui soit. Rien d’extérieur ne le vaut. Comment ne pas en tomber amoureuse ?!...
Mais ce qu’il y a de plus beau quand même, c’est la vision de ce silence intérieur. Et c’est ce qui permet de vivre pleinement toutes ces choses.

-« C’est cette sensation qui devient vision, qui devient action » as-tu dit tout à l’heure… Peux-tu m’expliquer ça ?

-Quand on cherche trop à comprendre comment, pourquoi, reprend Yolande, hésitante, c’est comme si cette chose ne voulait pas. Ça se manifeste par une intensité, une énergie qui grandit, qui envahit tout le corps, et qui fait taire la tête. C’est très fort, très puissant. Il ne reste que le silence… Impossible de penser.
Là je le sens très fort parce que ça monte… un peu comme ça (geste des deux mains qui désigne une montée le long du corps, l’englobant et le dépassant)...
On parlait de quoi déjà ?

-De « cette sensation qui devient vision, qui devient action »…

-Le fait d’être toujours dans la sensation empêche d’être dans la tête. Donc c’est cette sensation qui voit, directement. Le fait que ça ne te lâche pas, que ce soit omniprésent, tout le temps là, ça te fait passer sur un autre plan. Tu es vraiment dans la sensation, toujours toujours toujours. Et c’est comme je te le disais, j’ai l’impression que quelqu’un touche mon cœur. C’est fou ! Je suis même allée voir un cardiologue au début : c’était quoi cette sensation à cet endroit là ?... Evidemment, il n’y avait rien.
C’est comme si cette sensation – peut-être pas de toucher, mais de présence – te plaçait dans ce qui est… Et non plus dans ce que tu crois ; vraiment dans ce qui est là, maintenant. C’est donc cette sensation qui te donne cette clarté, cette faculté de voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’elles devraient être selon toi.
C’est une sensation, un sentiment de présence, une conviction… infuse, spontanée, qui vient de l’intérieur et est tout le temps là. En état de veille, l’attention est partagée, la sensation est là ; si je vais m’allonger, la sensation prend toute la place, elle s’étend, envahit tout, me dépasse jusqu’à… même, parfois, un point où le corps ne le supporte pas tant c’est incroyablement puissant.
Donc, oui, ça part toujours de là.

-Tu dis de cette sensation qu’elle « devient action » aussi, pas seulement vision…

-Oui, il y a action, puis tu vois et puis l’action se présente à toi ; tu agis depuis cette sensation. Alors que le fait d’être dans ta tête te place forcément dans la réaction, que ce soit par l’action ou par l’immobilité… Quand tu es dans la fluidité, il y a action, sans filtre.

-Donc le seul obstacle, dans la vie, c’est l’idée d’être une personne, c’est de me prendre pour distinct de la chose que se présente…

-Oui, c’est de croire en cette pensée qui nous dit qu’on est quelqu’un, et donc d’être absorbé par ce quelqu’un, par cette idée d’un quelqu‘un, au point de ne pas voir la réalité.

-Or la vie telle que tu la vis te « dicte » ce geste ou cette parole. Donc, sans ce filtre, spontanément, tu vas faire ce geste ou dire cette parole…

-Oui. Tu vois que les choses se font toutes seules, sans besoin de les penser. Sans le mental, tu vois que la vie n’est que fluidité, qu’elle n’est qu’action… Inutile de penser les choses pour qu’elles arrivent.

-La vie n’est que mouvement… et c’est un « moi je » qui souvent coupe le mouvement…

-La vie n’a pas besoin d’être pensée. Point. Juste besoin d’être vue, et le reste se fait tout seul.

-Le simple fait de la voir, de la sentir, dicte le geste…

-Le simple fait de la voir… fait. Tu vois cette fluidité agir. »

Yolande (Le silence guérit)

06.04.2010

L'arbre est présent

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L'arbre est présent.

La fleur est présente.

La vache broutant dans le champ est présente.

Le chien et le cheval sont présents.

Le lion et le cerf sont présents.

Le papillon et le moustique sont présents.

Les rochers et les montagnes sont présents.

Chaque grain de sable est présent.

L'océan et les vagues sont présents.

Le ciel dans toute son immensité est présent.

Chaque nuage qui passe est présent.

Où pourraient-ils ne pas être présents ?

Un feuille peut-elle tomber d'un arbre autrement que dans le moment présent ?

Un oiseau peut-il chanter sa chanson autrement qu'ici et maintenant ?

Tout dans le monde de Dieu est présent.

Excepté pour une chose.

Vous !

Leonard Jacobson (Embracing the present).

 

22.09.2009

Le malheur est une histoire

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Je l’amenai donc à concentrer son attention sur ce qu’elle sentait dans son corps et lui demandai de sentir directement l’émotion, plutôt que de l’appréhender par le filtre de ses pensées malheureuses, de son histoire malheureuse.

« En ce moment, c’est ce que vous ressentez, lui dis-je. Et il n’y a rien que vous puissiez faire pour empêcher qu’en ce moment, c’est ce que vous ressentez. Maintenant, au lieu de vouloir que cet instant soit différent de ce qu’il est, ce qui ajoute davantage de souffrance à votre souffrance, est-il possible que vous acceptiez totalement que c’est ce que vous ressentez en ce moment ? »

Dès l’instant où elle cessa de s’identifier à la vieille émotion qui vivait en elle, dès l’instant où elle concentra son attention directement sur elle sans essayer d’y résister, cette émotion ne pouvait plus contrôler sa pensée et ainsi se mélanger à une histoire mentalement construite appelée « Le Moi Malheureux ». Une autre dimension survint dans sa vie qui transcenda son passé personnel, la dimension de la Présence. Puisque vous ne pouvez être malheureux sans une histoire malheureuse, ce fut la fin de son malheur. Ce fut aussi le début de la fin de son corps de souffrance.

L’émotion en elle-même n’est pas la souffrance. Seulement l’émotion plus (à laquelle on ajoute) une histoire malheureuse est de la souffrance.

Eckhart Tolle (A new earth)