22.09.2009

Le malheur est une histoire

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Je l’amenai donc à concentrer son attention sur ce qu’elle sentait dans son corps et lui demandai de sentir directement l’émotion, plutôt que de l’appréhender par le filtre de ses pensées malheureuses, de son histoire malheureuse.

« En ce moment, c’est ce que vous ressentez, lui dis-je. Et il n’y a rien que vous puissiez faire pour empêcher qu’en ce moment, c’est ce que vous ressentez. Maintenant, au lieu de vouloir que cet instant soit différent de ce qu’il est, ce qui ajoute davantage de souffrance à votre souffrance, est-il possible que vous acceptiez totalement que c’est ce que vous ressentez en ce moment ? »

Dès l’instant où elle cessa de s’identifier à la vieille émotion qui vivait en elle, dès l’instant où elle concentra son attention directement sur elle sans essayer d’y résister, cette émotion ne pouvait plus contrôler sa pensée et ainsi se mélanger à une histoire mentalement construite appelée « Le Moi Malheureux ». Une autre dimension survint dans sa vie qui transcenda son passé personnel, la dimension de la Présence. Puisque vous ne pouvez être malheureux sans une histoire malheureuse, ce fut la fin de son malheur. Ce fut aussi le début de la fin de son corps de souffrance.

L’émotion en elle-même n’est pas la souffrance. Seulement l’émotion plus (à laquelle on ajoute) une histoire malheureuse est de la souffrance.

Eckhart Tolle (A new earth)

12.04.2009

Solitude et Rejet

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Voyez comme cette peur du rejet s’enracine dans l’habitude d’attendre quelque chose. L’attente est l’expression d’un moi contracté, tendu vers une idée sur la manière dont les choses devraient être. Faites face à cette tension. Laissez la se résorber, et habitez la non-attente qui est votre nature profonde. Dans cette absence d’attente, la peur s’estompe et fait place à une présence impersonnelle qui accueille l’instant tel qu’il est.

L’habitude de se juger n’est qu’un réflexe parmi d’autres. Il nourrit le sentiment de rejet. Voyez la possibilité qu’a votre esprit de se libérer de toute forme de jugement, qu’il soit positif ou négatif. La vision voit, perçoit, mais est libre d’opinion.

Un lien transparaît également entre le sentiment de rejet et le sentiment de solitude. Tous deux s’enracinent dans l’idée d’être un moi séparé. Cette idée apparaît dès que la pensée « moi » naît à l’esprit. Cette pensée, qui est par nature limitée, engendre un sentiment de division entre ce qui est de l’ordre du « moi » et du « non-moi ». Un telle croyance n’est pas nécessaire pour un fonctionnement harmonieux dans la vie quotidienne. Lorsque « je » ne suis pas, la conscience est et prend en charge ses diverses expressions dans l’espace et dans le temps. On pourrait donc dire que le sentiment de rejet est inévitable dès lors qu’est présente l’identification à la pensée « moi ». Il disparaît en même temps que disparaît cette identification.

Jean-Marc Mantel

05.04.2009

Est-ce que je vis d'une façon que j'approuve moi-même ?

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Parfois, vous agissez vraiment comme si vous étiez Dieu, comme si vous deviez faire en sorte que les choses arrivent. Je constate que les choses arrivent avec ou sans moi, que les gens m'approuvent ou non. Cela n'a rien à voir avec moi. C'est vraiment une bonne nouvelle, puisque cela me rend responsable de mon propre bonheur. Cela me permet de ne rien faire d'autre que de vivre ma vie aussi bien que possible. Si vous ne le remarquez pas et que vous n'en êtes pas reconnaissant, je comprends. Je n'ai affaire qu'à moi seule, et cela me suffit amplement pour une vie.

Je peux vous dire que quand j'obtiens l'approbation des gens, c'est que j'en ai besoin. Comment je sais que j'en ai besoin ? Parce que je l'obtiens. Comment je sais que je n'en ai pas besoin ? Parce que je ne l'obtiens pas. Et dans les deux cas, ça n'a rien à voir avec moi. Ce que les gens approuvent, c'est l'histoire qu'ils se font de moi. Ce qui compte, c'est ceci : est-ce que je vis d'une façon que j'approuve moi-même ? Quand je mets en doute mes pensées, j'aime le mental avec lequel je vis. Non seulement il me fiche la paix, mais à vous aussi. C'est très reposant et j'adore ça.

Byron Katie (J'ai besoin que tu m'aimes : - Est-ce vrai ?)

01.01.2009

La sagesse de l'incertain

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Aujourd'hui j'agirai dans l'incertain en considérant ceci comme un ingrédient essentiel de mon expérience.

Grâce à ma décision d'accepter l'incertain, les solutions surgiront spontanément des problèmes, de la confusion, du désordre, du chaos.

Plus les choses me sembleront incertaines, plus je me sentirai en sécurité, parce que l'incertain est mon chemin vers la liberté.

Dans la sagesse de l'incertain, je trouverai ma sécurité.

Deepak CHOPRA (Les sept lois spirituelles du succès).

19.10.2008

Soudain la joie !

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Vous êtes dans le désert à 35° C : et alors ? Votre corps aura chaud. S’il n’y a rien à boire, il va se déshydrater. Eventuellement, il se dessèchera et au bout de quelque temps il n’y aura plus qu’un petit paquet d’os. Et alors ? Vous n’avez ni à être malheureux, ni à vous réjouir : c’est la vie qui est comme cela. Vous croyiez peut-être que le corps durerait éternellement sur terre ? Nous sommes de passage sur cette terre. Ce qui pourrait vous rendre malheureux, ce n’est pas de mourir de soif, c’est l’idée que votre corps ne devrait pas disparaître, ou qu’il ne devrait pas disparaître de cette manière. De toute façon, celui qui est identifié à cette enveloppe n’est jamais d’accord sur la manière dont elle doit disparaître.

Vous marchez dans le désert, par exemple : vous cherchez une oasis. Vous ne trouvez rien. Vous n’êtes pas malheureux, car vous êtes trop occupé à marcher. Vous n’avez pas le temps de penser à être malheureux. Si vous êtes trop fatigué pour continuer, vous vous asseyez ou vous vous étendez. Vous n’êtes pas malheureux ; vous êtes assis ou étendu. La vie sans image de soi, c’est très simple.

Le malheur, c’est d’entretenir des pensées comme : « il ne devrait pas faire chaud dans le désert » ; « il ne devrait pas y avoir de désert » ; « je n’aurais pas dû venir dans le désert » ; « pourquoi cela m’arrive à moi ? ». Ce n’est pas le désert qui nous fait souffrir, c’est la pensée.

La souffrance est psychologique. Je ne nie pas la douleur : elle existe, puisque nous la ressentons. Mais c’est un ressenti, c’est une expérience sensorielle. La douleur, la chaleur, le froid, une coupure : tout cela relève de l’expérience des sens. Comment savez-vous que vous avez mal ? vous le sentez par vos sens. C’est de l’information. Etre informé, ce n’est pas souffrir. L’information n’est pas problématique. Cela ne vous empêche pas de retirer votre main du feu ou votre corps d’une situation désagréable. Mais votre joie de vivre ne dépend plus de cela.

La cause de la souffrance, c’est de s’appesantir sur ce qu’on n’est pas : le petit soi-même et sa petite histoire, l’image de soi-même. Ce pour quoi on se prend n’est qu’une image ! Quel est-il le personnage que nous nous sommes fabriqué ? Nous ne sommes jamais allé y voir de près. Si nous le faisions, nous verrions qu’il n’y est pas, qu’il n’est nulle part, exactement comme un mirage. C’est du vent, moins que de la fumée ! Nous souffrons de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, de nous prendre pour quelque chose d’irréel, qui n’a jamais existé, sauf dans nos images.

C’est inouï la joie que nous gâchons à chaque instant par nos constructions mentales. L’instant est débordant de joie et nous travaillons très fort à le gâcher dans le but d’arriver un jour à une joie très quelconque et extrêmement fugace. Donc toujours revenir à ce qui est là, maintenant. Il faut persister en cela. Comment y arrive-t-on ? Seulement s’il y a de l’enthousiasme, de la passion, pour la liberté.

Que reste-t-il une fois nos images vues comme des images ? Rien. Rien en terme de cristallisation, de peur, de poids à transporter d’un instant à l’autre. Il ne reste rien de tout cela. Il apparaît alors une joie énorme. Si nous pouvions le pressentir, l’enthousiasme viendrait tout de suite et nous aurions une énergie formidable pour nous observer.

Jean Bouchart D’Orval (Au cœur de l’instant)

20.07.2008

Vous avez tout ce qu'il faut

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L'amour a toujours été là, les yeux fixés sur nous par le biais des Ecritures, et pourtant nous ne nous sommes jamais souciés de le regarder parce que nous sommes noyés dans ce que notre culture appelle l'amour, avec ses chansonnettes et ses poésies - il ne s'agit pas là d'amour, il s'agit de l'opposé de l'amour. Il s'agit de désir, de prise de contrôle et de possession. Il s'agit de manipulation, de peur, d'angoisse - pas d'amour.

On nous a dit que le bonheur réside dans un teint frais, dans un lieu de vacances. Il n'en est rien, mais nous avons des moyens subtils de faire dépendre notre bonheur de choses extérieures, que ce soit en nous ou en dehors de nous. Nous disons : " Je refuse d'être heureux tant que ma névrose ne sera pas terminée".

J'ai une bonne nouvelle pour vous : vous pouvez être heureux avec votre névrose. Vous voulez une meilleure nouvelle encore ? Il n'y a qu'une seule raison pour laquelle vous ne connaissez pas en ce moment ce que nous nommons en Inde anand, c'est-à-dire la béatitude. La seule raison pour laquelle vous ne connaissez pas en ce moment la béatitude, c'est que vous pensez à ce que vous n'avez pas, vous vous concentrez sur ce que vous n'avez pas. Si vous perdiez cette manie, vous connaîtriez la béatitude. Mais vous vous concentrez sur ce que vous n'avez pas. Et pourtant vous avez, en ce moment même, tout ce qu'il faut pour connaître la béatitude.

Jésus tenait un langage plein de bons sens aux malades, aux affamés et aux pauvres. Il leur apportait la bonne nouvelle. Elle est maintenant vôtre. Mais qui écoute ? Personne n'est intéressé, vous préférez dormir.

Anthony de Mello (Quand la conscience s'éveille)

Illustration : Claude Monet (La liseuse)

20.04.2008

Renoncer au connu

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Mais le fait est que la mort est une fin, et la plupart d'entre nous refusent d'affronter ce fait. Nous ne voulons pas quitter le connu ; et c'est ce qui crée en nous cette peur, ce n'est pas l'inconnu, c'est le fait de s'aggripper au connu. Or l'inconnu n'est pas accessible au connu. Mais l'esprit, qui est constitué de connu, dit : "je vais cesser d'exister", et voilà pourquoi il a peur.

Si vous êtes capable de vivre d'instant en instant, sans vous inquiéter de l'avenir, sans songer à demain - ce qui ne veut pas dire qu'on est superficiel ou uniquement soucieux du moment présent - si donc, étant conscient de l'ensemble de ce phénomène du connu, vous êtes capable de renoncer au connu, de le lâcher sans réticence, alors vous vous apercevrez qu'il se produit une chose stupéfiante. Essayez, l'espace d'une journée - faites abstraction de tout ce que vous savez, oubliez-le, et voyez ce qui se passe.

Ne laissez pas vos soucis vous accompagner de jour en jour, d'heure en heure, d'instant en instant : laissez les tous s'en aller, et vous verrez que de cette liberté jaillit une vie extraordinaire qui inclut le fait de vivre et le fait de mourir. La mort n'est que la fin de quelque chose ; et dans cette mort même il y a un renouveau.

...

Seul un esprit très silencieux, qui ne prémédite pas, qui n'invente ni ne projette rien, peut connaître un instant de perfection, un moment de complétude.

J. Krishnamurti (Le sens du bonheur)

01.01.2008

Réjouis ton coeur

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La Paix a ceci d’étrange qu’elle semble s’éloigner quand on veut la saisir, et s’invite elle-même quand on ne la cherche plus.

La Paix est un non temps immobile en lequel nos fragiles silhouettes apparaissent, se meuvent puis se dissolvent, comme les notes d’une musique, pour mieux faire chanter sa silencieuse beauté.

La Paix n’a pas de cause, et ne va nulle part non plus. Elle est, de toute éternité.

Présence inaltérable, Elle contemple les mondes qui se déploient pour s’écrouler ensuite, dans son Regard sans fin. Nos drames, petits ou grands, n’ont aucune prise sur Elle.

Pourtant, sa Joie crée sans cesse des formes qui la révèlent de mieux en mieux.

Réjouis ton cœur, ami(e), l’Amour, et non la guerre, sera son dernier mot, malgré toutes nos folies.

sevam